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Énergie et matériaux critiques : les deux convictions fortes de Robeco
information fournie par AOF 02/07/2026 à 17:00

(Zonebourse.com) - A l'occasion d'un déjeuner table-ronde organisé hier midi dans ses locaux, Robeco (gérant d'actifs international fondé en 1929 à Rotterdam et présent dans 13 pays) a présenté deux convictions fortes devant Zonebourse et les journalistes présents. Axées sur les thèmes de l'énergie et des matériaux, ces convictions s'incarnent à travers deux stratégies : le fonds Smart Energy qui vise à répondre aux besoins croissants d'électrification et de sécurité énergétique ; le fonds Smart Materials qui a pour but d'investir au coeur des chaînes de valeur des matériaux stratégiques et critiques.

L'historique et l'approche de la gestion thématique chez Robeco

Walid Aliane, country head France chez Robeco, tient en premier lieu à souligner que "la durabilité est transversale à toutes les stratégies du gérant d'actifs". La gestion thématique y occupe une place centrale grâce à un ancrage historique fort débuté en 1998. Elle est structurée autour de deux grandes familles géographiques :

- le pôle de Rotterdam : il abrite des stratégies phares à gestion active, à l'image du fonds Global Consumer Trends. Ce dernier vise à tirer profit des changements structurels dans les dépenses de consommation mondiales en ciblant des tendances de croissance à long terme (consommation et finance numériques, intelligence artificielle, marques locales, produits de luxe, soins personnels et santé).

Concernant Rotterdam, Robeco est né dans cette ville portuaire de la province Hollande-Méridionale. Quelques semaines après le krach de Wall Street, sept entrepreneurs originaires de Rotterdam constituent un syndicat destiné à investir l'épargne des particuliers dans le cadre d'une gestion collective. Ils le nomment Rotterdamsch Beleggings Consortium, plus tard rebaptisé Robeco .

- le pôle de Zurich. Ce choix s'explique par l'acquisition historique de Sustainable Asset Management (SAM), une entité créée en 1995 par des pionniers convaincus de l'impact des données ESG sur les cours boursiers. Robeco est entré à son capital en 2001 avant de l'acquérir à 100 % sous le nom de RobecoSAM, devenu aujourd'hui Robeco Suisse. Les équipes d'analystes ESG y ont été pleinement intégrées au sein d'un centre d'expertise centralisé qui travaille désormais pour l'ensemble des portefeuilles de Robeco, démontrant ainsi le rôle systémique de la durabilité au sein de la société de gestion.

Deboh N'Diaye, client portfolio manager investissement thématique (spécialiste des investissements thématiques ou spécialiste produits d'investissement) chez Robeco, souligne que "la stratégie thématique du groupe vise à identifier des problématiques de long terme liées à des ressources finies afin d'investir dans les entreprises qui y apportent des solutions". Elle met en avant un glissement macroéconomique majeur : le passage d'un monde dominé par les hydrocarbures (pétrole et gaz) à un monde où les électrons et les métaux stratégiques de la transition énergétique revêtent la même importance géopolitique. Ce virage est accéléré par deux forces conjointes : la digitalisation et l'électrification structurelle des réseaux.

En outre, l'Intelligence Artificielle (IA) agit comme un révélateur et un accélérateur physique de ce besoin en électricité et en matériaux. La spécialiste illustre ce phénomène par le cas de Nvidia : alors que ses cartes graphiques pour le jeu vidéo consommaient historiquement 575 watts, un seul rack de serveur moderne destiné aux data centers de l'IA nécessite aujourd'hui 120 000 watts de puissance continue (soit l'équivalent de la consommation d'un supermarché de taille moyenne).

D'ailleurs, l'Agence Internationale de l'Énergie (AIE) prévoit un doublement de la demande d'électricité des centres de données d'ici 2030, entraînant un besoin massif d'infrastructures de distribution et de métaux comme le cuivre ou l'aluminium pour le câblage et la connectivité.

La stratégie "Smart Energy"

Deboh N'Diaye se penche ensuite sur le fonds Robeco Smart Energy. Lancé en 2003 et gérant plus de 6 milliards d'euros d'encours, ce fonds repose sur le pari d'une électricité décarbonée capable de répondre au "trilemme de l'énergie" : celle-ci doit être abordable , durable et sécurisée .

C'est un fonds à gestion active qui investit à l'échelle mondiale dans des entreprises axées sur la production d'énergie propre, l'infrastructure, la gestion de l'énergie, ainsi que sur les solutions améliorant l'efficacité énergétique dans des secteurs tels que l'industrie, les bâtiments, les transports ou les centres de données.

La sélection des titres repose sur une analyse fondamentale. Classé Article 9 au sens du Règlement européen SFDR (UE 2019/2088), le fonds a un objectif d'investissement durable et cherche à générer une performance supérieure à son indice de référence (MSCI World Index). Son processus intègre des critères ESG grâce à une évaluation de la durabilité spécifiquement adaptée à la thématique.

La stratégie de ce fonds adopte une approche transverse sur l'ensemble de la chaîne de valeur :

- l'amont (upstream, 15%) : la production d'énergies renouvelables (solaire, éolien).

- le milieu (midstream, 20%) : les infrastructures de réseaux (opérateurs, maintenance d'installations vieillissantes, transformateurs).

- l'aval (downstream, environ 65%) : la gestion de l'énergie (semi-conducteurs de puissance, stockage par batterie) et l'efficacité énergétique appliquée aux bâtiments, aux transports (véhicules électriques) et aux infrastructures de Big Data.

Le fonds Smart Energy se distingue par un biais délibéré vers la technologie et l'industrie sur le segment des mid et large caps, en excluant les mega caps américaines.

Walid Aliane, country head France de Robeco, précise que "pour garantir la pureté * thématique, chaque entreprise en portefeuille doit réaliser au moins 20 % de son chiffre d'affaires dans le thème, ce qui exclut des acteurs trop diversifiés comme Nvidia".

(*pureté = "Plus un fonds est pur, plus il investit exclusivement dans des entreprises dont l'activité principale est directement liée au thème (dans ce cas ici, l'électrification ou les matériaux critiques).

Géographiquement, ce fonds est très diversifié : moins de 50 % aux États-Unis, près de 30 % en Asie (où se situe le leadership technologique de production), et le reste est réparti en Europe.

La performance de ce fonds sur un an est de 103,23 % et de 55,72 % depuis le début de l'année.

La stratégie "Smart Materials"

Deboh N'Diaye s'attarde ensuite sur le deuxième fonds commercialisé par Robeco : "Robeco Smart Materials". Lancé en 2006, il répond directement à la raréfaction des ressources critiques nécessaires à l'électrification mondiale. Le portefeuille est équilibré à 50/50 entre deux piliers principaux :

- les matériaux avancés : investissements dans les métaux de transition (cuivre, aluminium, lithium, terres rares), les systèmes de batteries et le recyclage des métaux. Les métaux traditionnels (fer) ou précieux (or) sont exclus.

- le Smart Manufacturing : technologies industrielles et automatismes de précision permettant d'optimiser l'efficacité des chaînes de production. En d'autres termes, il s'agit de la fabrication intelligente : une vaste catégorie de production qui utilise la fabrication intégrée par ordinateur, une grande adaptabilité et des modifications rapides de conception, les technologies de l'information numériques et une formation plus flexible de la main-d'oeuvre technique.

Tout comme le fonds Smart Energy, la sélection des titres repose sur l'analyse fondamentale et répond aux exigences de l'Article 9 du Règlement SFDR, intégrant pleinement l'évaluation de la durabilité propre à la thématique.

Deboh Ndiaye identifie plusieurs catalyseurs à moyen terme pour cette thématique :

- le Reshoring : la relocalisation des usines en Europe et aux États-Unis pour des raisons d'indépendance économique impose une robotisation et une efficacité industrielle accrues pour rester compétitif.

- la défense et la sécurité : bien que le fonds réponde aux critères stricts de l'Article 9 SFDR (exclusion des entreprises réalisant plus de 5 % de revenus dans la défense), les métaux critiques bénéficient indirectement du réarmement mondial (comme l'usage des terres rares dans les aimants et puces de haute technologie).

- l'essor de la robotique et des humanoïdes : un segment en forte croissance, notamment en Chine, très consommateur de composants technologiques et de métaux stratégiques.

- l'indépendance vis-à-vis de la Chine : l'Empire du Milieu détient aujourd'hui un quasi-monopole sur le raffinage des métaux stratégiques (60% pour l'aluminium, 73% pour le cobalt). Cette situation engendre un risque géopolitique majeur et pousse les gouvernements occidentaux à soutenir le redéploiement à long terme des chaînes d'approvisionnement, ce qui soutient la croissance des entreprises sélectionnées par le fonds.

La performance de Smart Materials sur un an est de 114,64% et de 62,97% depuis le début de l'année.

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Cette analyse a été élaborée par AOF et diffusée par BOURSORAMA le 02/07/2026 à 17:00:00.

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